Ce blog pour rendre compte de la rando-vélo que j'ai effectuée en solo en Juillet 2021 en Norvège et en Finlande au long de l'EV13.
C'est l'une des 18 vélo-routes qui sillonnent l'Europe, celle-ci ayant la particularité de se dérouler au plus près de l'ancien rideau de fer (pour cela elle est appelée "Iron Curtain trail"). Par ailleurs l'existence d'un topo-guide aide bien à se lancer seul dans l'aventure dans des contrées a priori très isolées. Le départ se fait à Kirkenes, une des villes les plus au Nord de l'Europe, accessible en avion depuis Oslo.
L'ensemble de l'itinéraire parcouru est visualisé sur les 2 cartes suivantes.
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| Points de repères sur Maps.me |
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| 1400 km env. |
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| Le topo-guide |
Partie Nord: en Norvège depuis Kirkenes puis en Finlande jusqu'à Sodankyla
Avant d'arriver à Kirkenes, l'avion survole les terres désolées et marécageuses de l'extrême Nord de l'Europe.
Avant de partir plein Sud, le vélo une fois remonté après son voyage en partie désossé dans un carton, je prends une journée pour tester la machine. Je remonte la partie Est du fjord de Kirkenes, atteignant à Reinoysund le point le plus au Nord de ce voyage (69.7 env. de latitude Nord, quand le Cap Nord est à un peu plus de 71° Nord).
Au cours de cette balade un croisement de routes avec des noms évocateurs:
Enfin avant de partir, le magasin de sport me conseille fortement le chapeau à la mode dans ces contrées, pour pouvoir, en cas d'alerte, vivre dehors sans être dévoré par les bestioles piquantes mordantes (moustiques mais aussi taons, et mitges à l’écossaise) qui fourmillent l'été dans ces contrées.
A Kirkenes, ma chambre d'hôtel, orientée plein Nord, est éclairée par le soleil à partir de 22h30!
A Kirkenes, on trouve aussi l'Hurtigruten, le bateau de croisière qui descend par petits bonds successifs toute la côte Nord et Ouest de la Norvège et ses fjords.
Le Dimanche 11 Juillet, c'est parti. Les 40 km que je parcours en Norvège suffisent par la beauté des paysages à se motiver pour revenir pédaler à l'Ouest de la péninsule scandinave.
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| Là aussi un panneau évocateur |
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| Fjord de Neiden |
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| Njavdanjohka |
Ensuite, c'est le passage de la frontière qui marque cette journée: tellement isolée au milieu de nulle part, mais le passe de vaccination est néanmoins contrôlé. Un cycliste finlandais rencontré quelques jours plus tard et sur le point de terminer son Iron Curtain Trail dans le sens inverse au mien (Helsinki- Kirkenes) ne pourra pas entrer en Norvège (avec une seule vaccination).
Peu après la frontière, à Naatamo, j'inaugure ce qui va vite devenir une habitude: le café pâtisserie. En fin d'étape, à Settijarvi je vais de même inaugurer tout l’intérêt (anti-moustique) qu'il y a à louer (25 à 50 euros) un cabanon dans les campings plutôt que de camper.
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| Pose café à Nataamo |
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| Passage furtif de 2 cyclistes |
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| Rocs, lacs, marais: un grand classique |
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| Sur 150 km rien ou presque si ce n'est une bonne route goudronnée |
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| Premier chalet ("cabin") à Settijarvi |

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| J'aurais pu aussi installer ma tente sur la plage juste avant Settijarvi |
Pour ce deuxième jour à pédaler, la météo ne sera pas avec moi, entre gris et pluie. En revanche le vent orienté Nord/Nord Ouest va m'aider à progresser plus vite que prévu vers le camping du jour à 55 km seulement.
Je décide de poursuivre jusqu'à Kaamonen à 90 km. Mal m'en prend, car le camping est fermé, et m'oblige à pédaler jusque Inari. Je bats ainsi probablement un record de 125 km pédalés dans la journée (heureusement c'est vraiment plat ici) pour rejoindre cette ville et son lac que je connais déjà (1999 et 2003). Au total comme il tombe des cordes ce soir, c'est aussi bien d'être au sec dans un appart-hôtel.
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| Au camping km 55 |
Il fait meilleur ce matin et je raccourcis l'étape à 45 km jusque Ivalo, capitale touristique de la Laponie finlandaise. J'entame pour cette étape, vent de face, une (trop) longue portion sur l'unique route nationale donc assez passante, qui descend au Sud vers Sondekyla, la N4.
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| Lac Inari |
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A la sortie d'Inari, rencontre avec un marcheur, style Bernard Ollivier, qui malheureusement ne parle pas anglais |
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| Une superbe pause |
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| La rivière Ivalojoki au camping d'Ivalo |
Progression par temps gris et pas très glamour (RN4) jusque Vuotso pour ce quatrième jour. Vuotso est idéalement placé, à mi-distance de Sondekyla: hôtel, restaurant et apparthôtel mais pas de shopping possible.
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| Pique-nique moustiques ce midi |
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| Apparthôtel de Vuotso |
Ce 15 Juillet le beau temps semble revenu mais j'ai surtout hâte d'en finir avec la N4 (à Sodankyla cela fera 230 km à y pédaler).
Vers 11h, au moment du café pâtisserie, je rencontre Pentti (finlandais d'Helsinki): c'est sa première rando; parti d'Helsinki il sera bloqué à la frontière norvégienne. Il devrait pouvoir me loger quand je passerai à Helsinki au retour, bon plan - qui ne se fera pas.
Vers 13h je rencontre, dans un petit parc aménagé pour observer les oiseaux, un tchèque qui voyage en voiture + vélo, une bonne formule aussi.
Vers 16h j'arrive dans le camping de Petkula (l'orage menace), à l'écart de la RN4 et je rencontre 2 motards polonais qui me dépannent pour le repas de ce soir. Je n'avais pas prévu cet arrêt mais en plus de l'orage qui menace, la "cabin" du jour est tellement adorable!
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| Pennti |
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| Petkula |
Enfin arrivé à Sodankyla le lendemain midi, je m'arrête déjeûner dans un resto (un anglais? en vélo de route + sacoches et pas causant y déjeune aussi mais file aussitôt); repas complet pour 11 euros, tiens pas chère la Finlande. Après le ravito, je décide 2 choses: de continuer pour profiter du vent d'Ouest assez prononcé alors que je file plein Est, et d'autre part de ne pas suivre le topo-guide assez confus ici alors qu'une autre route amène à un logement sur airB&B assez tentant à Tanhua; c'est parti.
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| Epilobes à profusion |
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| Enfin de belles perspectives |
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| Encore une rivière puissante en arrivant à Tanhua |
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Le kiosque à gauche de la route qui fait bière, sauna et location airB&B |
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| C'est plus qu'une "cabin" ce soir mais pas d'eau sauf dans un puits |
Petite étape de 50 km pour rejoindre Vasukoski qui sur le papier semble être un grand centre touristique...
Il y a certes du ravito et un camping admirablement placé auprès d'une puissante rivière qui se teinte de magnifiques couleurs le soir. On ne peut pas encore parler de coucher du soleil, mais ça vient: le cercle polaire arctique (66.5 degrés) se rapproche, c'est pour après-demain. Sur tout ce trajet je continue d'être seul au monde sur cette magnifique route 967 plein Est puis Sud, isolée et qui contribue à me ramener vers la frontière russe.
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| Seul sur la 967 |
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| Camping de Vasukoski: il dépend d'un centre de vacances à 500 m de là |
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| Bordé par cette...puissante rivière, la Tenniojoki |
La météo que je prends sur yr.no est extrêmement précise depuis le départ, heure par heure y compris pour le vent, plutôt favorable ces derniers jours. Pour rejoindre la ville de Salla, il ne va pas pleuvoir mais le ciel est très gris, avec quelques gouttes. Cependant le vent va continuer de m'accompagner, et aussi il va faire nettement plus frais. Une étape de transition.
Passage auprès du panneau expliquant que c'est ici même qu'on a retrouvé les premières paires de ski et également le premier monument aux morts de la guerre entre l'URSS et la Finlande dite guerre d'hiver. Ces monuments et espaces dédiés à ce conflit peu connu vont jalonner maintenant ma route jusqu'à son terme.
Un seul hôtel à Salla, je m'y engouffre frigorifié. Il y avait un Warmshower (le seul sur mon trajet) dans cette ville mais il ne m'a pas répondu.
En fait le topo-guide suggère d'aller à Sallatunturi, à 10 km de Salla, une des 2 stations de ski de piste de Finlande où j'aurais pu trouver une "cabin". J'y passerai le lendemain mais, à l'image de tous les lieux de genre c'est tristounet l'été, même s'il y a un très beau lac et une piste cyclable, éclairée, utile l'hiver sans doute pour le ski de fond.
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| Sallatunturi, 200 m de dénivelé? |
A la sortie de Sallatunturi, une très belle aire de pique-nique qui surplombe un paysage de forêts à l'infini. Mosquitos en folie.
Le Parc d'Oulanka
Pendant 4 jours et 3 nuits, je vais moins pédaler et plus marcher pour explorer l'un des plus fameux parcs nationaux de Finlande: le Parc d'Oulanka que j'avais rapidement visité il y a ...40 ans tout juste. Comme pour un PN en France, il y a des portes d'entrée, une réglementation à suivre. Un Trail, le Karhunkierros, le parcourt du Nord au Sud. J'arrive à sa porte Nord, à Hautajarvi, au moment du café pâtisserie. Il y a un grand centre d'information avec... une martiniquaise, par ailleurs bilingue, l'eusse-tu-cru, à l'accueil du salon de thé petit musée. Pendant que je me restaure, un bus décharge une bonne dizaine de trekkeurs, lourdement chargés qui vont parcourir le trail sur 4 jours, dans des conditions de moustiques qui m'effraient un peu.
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| L'entrée de Hautajarvi |
Pendant une demi-heure, j'accompagne quelques randonneurs qui démarrent le trail.
Un peu plus tard, une fois installé dans un luxueux AirB&B très bien situé sur ma route, je vais explorer une autre entrée du parc. C'est sauvage et isolé ici mais peu spectaculaire. Je croise des joggers en ces lieux insolites.
Le lendemain, il me faut descendre la route vers Kuusamo jusque Kayla sur une vingtaine de km puis remonter sur 20 km à l'entrée principale du parc: Kiutakonga. A Kayla, je prends le plus charmant des cafés au bord d'un impétueux torrent. En sortant de faire quelques courses au supermarché je rencontre mon deuxième cycliste, un allemand, très lourdement chargé me semble-t-il; lui aussi n'a reçu qu'une dose de vaccin et ne pourra pas rejoindre la Norvège.
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| Café pâtisserie à Kayla |
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Deux descentes sévères, qu'il faudra bien remonter (après-demain) m'amènent au point d'accueil principal du Parc, Kiutakonga, puis je file au camping et m'installe rapidement après avoir été accueilli par un étudiant franco-finlandais, tout heureux de parler français. Le soir il y aura bien du monde dispersé dans les sous-bois: les trekkeurs y font la halte du milieu du trail. En fin d'après-midi je remonte vers le Nord le trail sur 4 km environ et arrive à surplomber la rivière proche d'un camp (en plein air), nombreux sur le chemin.
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| Quelle espérance de vie pour les rennes qui restent au milieu des routes? |
En aval de Kiutakonga, la balade est nettement plus spectaculaire. J'y vais le lendemain. La rivière se faufile dans de très belles gorges.
Enfin, le quatrième jour, je file à Juuma, 20 km plus au Sud du Parc. C'est sans doute le coin le plus spectaculaire.
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| Entrée du parc à Juuma |
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| Le café pâtisserie à Juuma |
En fin de journée, poussé par un fort vent de Nord j'arrive à Kuusamo dans un camping dont les bungalows à 25 euros vont me permettre de récupérer après les 2 nuits sous tente, par ailleurs glaciales, du Parc d'Oulanka.
De Kuusamo à Khumo
A Kuusamo je me suis de nouveau éloigné de la frontière russe et j'ai dû à nouveau pédaler, pour atteindre cette ville, durant 50 km sur une grosse nationale. Deux raisons donc d'être content de me diriger maintenant plutôt à l'Est pour revenir sur l'objectif de l'Iron Curtain Trail et aussi sur des plus petites routes. C'est également le retour des lacs.
Enfin, une nouveauté qui ne va plus me quitter: l'apparition de routes en montagnes... russes sans doute pour justifier de cheminer proche de la frontière de ladite Russie. Ce seront plusieurs dizaines de fois par jour des raidillons pouvant dépasser les 10% sur une centaine de mètres, assez usants. Je comprends mieux ce que m'ont dit les cyclistes croisés plus au Nord et qui avaient parcouru cette région, à savoir que l'Iron Curtain Trail était très montagneux!!
Aussi, j'entre en Carélie et les témoignages de la guerre dite d'hiver* entre URSS et Finlande seront nombreux et pour certains très émouvants.
* La guerre d'hiver, connue également sous le nom de guerre russo-finlandaise, éclate pendant la seconde guerre mondiale, le 30 Novembre 1939 avec l'invasion de la Finlande par l'Union Soviétique peu de temps après l'échec des négociations engagées par les soviétiques avec les finlandais visant à créer une zone tampon pour protéger le ville de Leningrad, très proche de la frontière, d'une éventuelle attaque nazie (la Finlande étant dans la sphère d'influence soviétique selon les clauses secrètes du pacte germano-soviétique. L'attaque de la Finlande est jugée illégale par la Société des Nations qui en représailles en exclut l'URSS le 14 Décembre 1939. La résistance acharnée des finlandais face à l'armée rouge dure jusqu'au 13 mars 1940, date du traité de Moscou. Les résultats sont mitigés. Outre de lourdes pertes, la Finlande se voit dépossédée de 10% de son territoire; elle perd notamment Vyborg. Après la grande trêve qui dura un peu plus d'un an, un nouveau conflit éclatera entre la Finlande, alliée de l'Allemagne Nazie, et l'union soviétique, appelée la guerre de continuation et qui durera jusque'au 19 Septembre 1944 (wikipedia).
En 2 jours et 200 km je vais atteindre Suomussalmi. A Hossa le premier soir, autre parc national réputé plutôt dédié aux pêcheurs c'est la déception: tout est réservé depuis des mois me dit-on, et le camping privé est plein; obligé de revenir 4 km en arrière pour le camping public par ailleurs très bien équipé. Nuit cependant glaciale.
A Suomussalmi le deuxième jour: nouvelle déception le camping/bungalow recommandé par le guide du routard est cette fois fermé, pas assez de fréquentation à cause du Covid me dit-on. Seule solution un hôtel ou je vais rester 2 nuits. Enfin une vraie journée de repos: ça tombe bien, c'est le début des JO.
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| Peu après Kuusamo le bon plan du jour pour le café pâtisserie |
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| La route est maintenant bordée de belles maisons... |
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| ...avec des pelouses, on est loin des paysages du grand Nord |
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| Retour des lacs |
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| Apparition du profil en montagnes russes |
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Premiers monuments au morts de la guerre d'hiver
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De nombreuses parcelles déboisées: Ikea ?
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| Le cadre bucolique de mon hôtel à Suomussalmi |
Après Suomussalmi je reprends ma course folle vers le Sud: de nouveau 200 km en 2 jours. Cette fois le beau temps chaud est revenu pour plusieurs jours.
Le lac qui baigne Suomussalmi est splendide sous le beau temps.

Pour rejoindre Lentiira, l'étape fera 112 km, je vais d'abord m'arrêter au niveau d' un assez grand site commémoratif de la guerre d'hiver ; je ne fais cependant pas le détour, comme le suggère le topo-guide, pour rendre visite 4 km plus loin au monument de Raate.



Les km s’enchaînent, calmes et ponctués de beaux lacs entre lesquels se faufile la route.


A un moment (au niveau de Makela), on peut filer tout droit à Lentiira ou faire le détour par un poste frontière à Vartius qui semble être ouvert, c'est rare le long de l'Iron Curtain Trail. Je m'engage sur cette route encore plus calme et peu de temps après rencontre Attee, finlandais, avec qui la discussion s'engage activement durant un bon moment; il m'apprend entre autre chose que, à Vartius, outre la route, des trains circulent entre la Russie et la Finlande (mais uniquement de marchandises) une à deux fois par jour. Un peu plus tard, au moment même où je passe sous un pont de chemin de fer, un immense train s'arrête à la gare et j' assiste au changement d'équipe; sympa.
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| J'adore |
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| Attee |
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| Je coupe la ligne de chemin de fer |
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| Gare de Vartius |
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| Premiers champs cultivés |
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| Premiers foins |
Sur la fin de l'étape, les pentes raides, parfois dures à assumer (j'approche des 100 km), dégagent la vue sur l'immense forêt russe qui se termine 10000 km plus loin à Vladivostock (à part les feux de forêts).
A Lentiira, le camping, joliment implanté en bordure ...d'un lac, est encore 4 km plus loin, les plus durs. Je me douche par erreur chez les dames (ici seulement un N sur la porte)... moyennement apprécié.
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| Lac baignant le camping de Lentiira, le soir... |
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Le matin |
Pédaler jusque Khumo est très agréable: il fait beau, pas de vent, pas trop de montagnes russes; on se sent parfois très au Sud tellement la végétation et les cultures ont changé. Même si baobabs et perroquets ne sont pas encore de mise. |
| Apparition des céréales |
J'arrive a Khumo, ville moyenne, vers 13h pour faire le plein de nourriture et déjeuner au bord du lac. Arrêt vraiment très agréable.
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| Khumo, le pique-nique idéal |
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| Une église! |
Hier Attee m'a dit, que 40 km après Khumo, on pouvait trouver un endroit de bivouac au lieu dit Numiranta, d'accès libre et sommairement aménagé (à minima des toilettes sèches). La forme est là et je m'y dirige tranquillement.
A nouveau il y a une site commémoratif de la guerre d'hiver, à Jyrkankoski




Puis la route qui mène au bivouac est magnifiquement déserte.
Le bivouac est indiqué depuis la route. J'y serai seul. Un baraquement m'évitera de monter la tente. Je me baigne dans le lac et en bon trappeur allume un feu de camp ne serait-ce que pour éloigner les hordes de moustiques. Avec une canne à pêche j'aurais surement mangé du poisson frais.
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| Bivouac de Numiranta |
Les derniers jours
Après ce bivouac réparateur, une étape assez courte, c'est rare, jusqu'à Lieksa.
Pour rejoindre cette ville:
- Il y a de plus en plus de coupes rases en bord de route...
- ...Et autant de camions pour transporter les fûts.

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| Quand ils doublent, il faut les sentir venir et serrer un peu plus le guidon |
Les montagnes russes ici sont parmi les plus...belles



- Je rencontre brièvement un cyclo lituanien qui pédale 100 à 150 km par jour.

- Je passe au long de belles propriétés

A Lieksa, j'avais envisagé de rentrer à Paris depuis cette ville, reliée à Helsinki par voie ferrée, mais je vais poursuivre encore quelques jours. Pourtant je sais que la période de beau temps se termine.

- A Lieksa, je renoue, dans un camping très bien aménagé, avec la location d'une"cabin"

J'ai le temps le temps d'aller à la plage et de me baigner dans le lac Pielinen, immense ici.

Ce qui me motive à faire ces deux étapes complémentaires à partir de Lieksa c'est que ce soir ou demain soir, j'atteindrai les villes et villages reconnus comme étant les plus à l'Est de l'Europe (à part Chypre) ce qui me paraît être un complément naturel de ce voyage, commencé dans la ville la plus au Nord de l'Europe (Kirkenes).Comme prévu le mauvais temps est revenu et, à peine parti, je me prends une belle saucée en sortant du super-marché.
A 14h et au km 45 le vent souffle fort, latéralement, la pluie et l'orage menacent; je vais au minimum prendre le café pâtisserie à Kitsi qui est une possibilité de logement par ailleurs; peu de temps auparavant, j'avais été doublé par un camping-car français (en ces temps de Covid, pratiquement aucune voiture/camping-car étranger à la Finlande): je retrouve cette famille de 5 personnes au gîte de Kitsi et qui prévoit d'y rester plusieurs jours. Effectivement, l'orage se déchaîne et comme la pluie persiste, je rejoins Audrey, Jean-Luc et leurs 3 enfants, sur la route depuis plusieurs mois. Sympa la soirée.
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| Café Kistsi, bienvenu quand l'orage menace |
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| Famille Delaunay |
C'est donc le lendemain que m'attend une grosse étape, pour presque finir ma rando. Il me reste dans un premier temps 45 km pour atteindre Hattuvaara, commune la plus à l'Est de l'Europe, c'est là, sur la pièce de 2 euros.
Peu après Kistsi, la route se dégrade puis devient non asphaltée: le sol lisse est, lendemain de pluie, devenu une espèce de glaise qui colle aux roues, bel effort pour un dernier jour.
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| Çà colle aux pneus |
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| Abri contre l'averse |
A Hatuvaara, il y a un grand centre d'accueil des touristes (avec une très bonne soupe chaude) et un nième site de commémoration de la guerre d'hiver.
Je reprends la route en même temps qu'une averse et rapidement me dirige pour la dernière fois sur une route (non asphaltée) vers l'Est et la frontière russe. Cette fois je vais atteindre le micro-village de Khumo, encore plus à l'Est que Hatuvaara. Je savoure particulièrement ces derniers km dans un isolement total, entre lacs et forêts, sous les averses entrecoupées de belles périodes de soleil pour sécher.




Pour finir, il me reste 20 km le 31 Juillet pour atteindre Ilomantsi. C'est le début du voyage retour, parsemé d'embûches pour ce qui concerne le bus que j'attends 22h à Ilomantsi et que j'ai failli rater, le train dont les réservations vélo jusque Helsinki sont complètes ce jour là (quelle idée aussi de voyager le Dimanche 1er Août). Je vais rater la soirée prévue avec Pennti et j'aurais pu avoir de gros ennuis à l'aéroport d'Helsinki, qui à ma connaissance, est le premier que je rencontre à ne pas posséder de poste plastique pour entourer le vélo.
Pour ne pas rester sur ce voyage un peu stressant, dernières belles photos de Finlande.
- A Ilomantsi
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| Les troncs d'arbres prêts pour l'export |
- A Pieksamaki où j'atterris pour une improbable correspondance de trains.
Et enfin quelques remarques sur le pays:
- Aucune zone blanche dans la connexion 4G (+) et téléphonique; certes on est au pays de Nokia mais la comparaison avec la France fait mal;
- Je l'ai signalé plus haut mais le coût de la vie courante est sensiblement plus faible qu'en France (l'essence est plus chère); particulièrement les fruits et légumes (et le saumon fumé!), d'excellentes qualité alors que probablement importés; le contraste avec la Norvège hors de prix est saisissant;
- Il n'y a pratiquement plus d'argent liquide: tout se fait par carte bleue et paiement sans contact; difficile de trouver une banque pour retirer du cash;
- Au supermarché, je n'ai jamais vu de vélo avec un anti-vol, ce que j'ai fini par faire moi même;
- Moins qu'à Vancouver ou en Sibérie, l'été, avant que je n'arrive, a été particulièrement chaud et sec: fait rarissime un feu de forêt s'est déclaré dans le Nord Ouest du pays;
- L'accueil dans les gîtes, campings, airB&B est excellent mais a tendance à s'effacer derrière une gestion dépersonnalisée via le smartphone.
FIN
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